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C’est toujours plus facile de juger quand on n’est pas concerné

  • L'écrivain
  • 1 avr.
  • 3 min de lecture

Je ne sais pas exactement quand la pornographie a cessé d’être une simple habitude pour devenir un problème dans ma vie. En regardant en arrière, je suis incapable d’identifier le moment précis où quelque chose de banal s’est transformé en un frein.


Avec le recul, je comprends que ce n’était pas vraiment le problème en soi. C’était plutôt le symptôme de quelque chose de plus profond, que je ne savais pas encore nommer.


Le bleu de l'océan par l'Âme Sauvage.
Le bleu de l'océan par l'Âme Sauvage.

Avec le temps, j’ai réalisé que beaucoup de nos habitudes fonctionnent comme des échappatoires. Certaines sont légères, presque invisibles. D’autres le sont beaucoup moins. Mais au fond, elles servent souvent à éviter des émotions que nous ne voulons pas affronter, ou que nous ne comprenons tout simplement pas.



Si je devais faire la liste des émotions auxquelles j’ai essayé d’échapper, elle serait longue. Et, d’une certaine manière, elles arrivent par cycles. Comme dans une série télévisée : lorsqu’un problème semble résolu, un autre apparaît.


J’aimerais que ce soit comme une série britannique, courte, maîtrisée, avec une fin claire. Mais dans mon cas, cela ressemble davantage à une série américaine, ou même à certaines séries diffusées sur Canal+ : quand on pense que tout est terminé, une nouvelle saison est déjà en préparation.


Mon enfance a été marquée par une forme d’instabilité. Mon père était présent, mais en même temps absent. Il souffrait d’alcoolisme, et cela créait une présence imprévisible à la maison.


Je ne le rends pas responsable de tous mes problèmes. Mais je reconnais que cela a laissé des traces. Grandir dans cet environnement a fragilisé quelque chose en moi, sans que je m’en rende compte à l’époque.


Fantôme de la douleur par Myriam Amoros.
Fantôme de la douleur par Myriam Amoros.

Pendant longtemps, j’ai ressenti de la colère envers lui. De la colère parce qu’il n’arrivait pas à arrêter. Parce que toute la famille devait en subir les conséquences. Les nuits perturbées, l’odeur constante de l’alcool, les changements d’humeur.


Pendant longtemps, j’ai eu honte de lui.


Et pendant des années, j’ai pensé qu’il ne m’aimait pas.Parce que, dans mon esprit, aimer signifiait faire l’effort d’arrêter de boire.


Je ne comprenais pas comment quelqu’un pouvait voir les dégâts, la souffrance autour de lui, et continuer malgré tout.


Pour moi, c’était simple : s’il nous aimait vraiment, il arrêterait l’alcool.


Aujourd’hui, je comprends à quel point il est facile de juger ce que l’on ne comprend pas.

Avec le temps, j’ai aussi commencé à voir que la pornographie avait un impact négatif sur ma vie. Sur mon équilibre mental, sur mon regard sur moi-même, et sur la manière dont je me reliais aux femmes.


Quand j’ai réalisé que c’était devenu compulsif, j’ai immédiatement pensé à mon père.

Au début, j’ai minimisé. Je me disais que ce n’était pas comparable. Que je n’étais pas comme lui.


Mais à mesure que je perdais le contrôle, j’ai compris que ce n’était pas si simple.

La volonté seule ne suffisait pas.


Il m’a fallu autre chose. Des outils, de l’aide, des échanges.Il m’a fallu apprendre à comprendre mes mécanismes, et à ne plus agir uniquement sous l’impulsion.


C’est ce qui m’a permis de commencer à changer.Avec le recul, je comprends que mon père, lui, n’avait probablement ni les outils ni le soutien nécessaires.


Au fond, peu importe la forme que prend l’addiction. Pornographie, alcool, jeux, ou autre.

Une addiction reste une addiction.


C’est le moment où l’on perd le contrôle, où l’on agit sans vraiment choisir.

Il y a quelque temps, j’ai décidé de changer cela.


Je ne veux plus être guidé par des impulsions que je ne comprends pas.

Je veux reprendre le contrôle de mes choix.


Je veux décider de qui je suis.

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Invité
13 avr.
Noté 5 étoiles sur 5.

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