De l'Ombre à la Clarté
Tout a commencé il y a 21 ans. En 2005, j’étais un adolescent comme les autres, découvrant le monde. Ma première rencontre avec la pornographie s'est faite via un magazine. C'était une explosion de sensations que mon corps ressentait, mais que mon esprit de jeune garçon était bien incapable de traiter.
À l’époque, la vie semblait plus simple : la télé, les copains, et l'insouciance des années collège. Ces moments d'évasion étaient ponctuels et ne semblaient avoir aucun impact sur mon quotidien.
Avec l’arrivée massive du haut débit et l'omniprésence du numérique, tout a changé. Ce qui était occasionnel est devenu fréquent. Je me berçais d'illusions avec ce refrain bien connu : "C’est normal, c'est un truc de mec".
Qui, de ma génération, ne se souvient pas des fameux dossiers
cachés sur l’ordinateur familial ? On les nommait "System32",
"Cours de maths" ou "Ne pas ouvrir" pour protéger ce précieux "trésor".
Je faisais exactement la même chose, partageant mes trouvailles avec
mes amis, toujours en quête d'un nouveau stimulus.
Quand le "Normal" devient un poison
La prise de conscience est arrivée tardivement. Malgré mes relations amoureuses, ma consommation ne s'arrêtait pas. Pire : je me surprenais à vouloir reproduire les scènes de mes écrans dans ma vie réelle. Mes partenaires n'étaient plus des femmes avec qui je me connectais, mais devenaient, dans mon esprit, des objets de plaisir.
La situation a fini par déraper. J'en étais arrivé à : Regarder des vidéos en cachette au travail, consommer du contenu 5 ou 6 fois par jour à la maison, perdre tout intérêt pour mes loisirs et être incapable de me concentrer.
J'ai tenté de m'en sortir seul avec des solutions de fortune : douches froides, bloqueurs de sites, ou même la "saturation" (regarder du porno jusqu'au dégoût, comme on sature de sucre). Rien ne fonctionnait. Le problème n'était pas la pornographie en soi, c'était quelque chose de bien plus profond.
Le déclic : Mettre un mot sur le mal
À l'approche de la trentaine, j'ai décidé de réagir pour de vrai. J'ai consulté un psychologue spécialisé. C'est là que j'ai appris à nommer ce que je vivais : une addiction. Ce n'était pas une fatalité masculine, mais une véritable compulsion. J'ai compris que ma consommation n'était que le symptôme d'un déséquilibre intérieur.
La volonté seule ne suffisait pas ; je devais comprendre le fonctionnement de mon cerveau.
Pourquoi ce blog ?
Après avoir étudié le sujet sous un angle académique et comportemental, j'ai enfin repris les rênes de ma vie. Aujourd'hui, je suis convaincu que la connaissance est notre meilleure défense.
J'ai créé cet espace pour offrir ce qui m'a manqué à l'époque : De l'information fiable et documentée sur le sujet. Un guide de techniques pratiques. Un espace de bienveillance, où l'on peut parler de nos difficultés sans jugement ni tabou.
Si vous vous reconnaissez dans mon parcours, sachez qu'il existe une issue. Comprenons ensemble les mécanismes de l'addiction pour, enfin, reprendre le contrôle.
Qui je suis?
"Ton passé a fait de toi ce que tu es, mais il ne définit pas ce que tu seras. Le passé est écrit, mais l'avenir t'appartient"